Au nombre de 41, ils sont quasiment tous karens (une pensionnaire est mong). Ils habitent les montagnes alentours, et pour beaucoup, ne connaissent pas grand chose autre que l’école et leur village.
Comme je vous l’ai dit précédemment, leur scolarité est en parti prise en charge par le diocèse, en échange de quoi ils accomplissent des travaux pour l’entretien de l’école. Leurs parents sont, pour la plupart agriculteurs, et leurs revenus relativement limites.
Pour accéder a cette éducation, ils ont passe un test d’autant plus difficile qu’ils ne bénéficient généralement au préalable que d’un enseignement très succinct. En effet, dans les écoles gouvernementales des montagnes, les enseignants préfèrent souvent payer des villageois pour faire cours a leur place, se satisfaisant d’un moindre salaire mais du plus grand confort de la vie en ville.
La générosité de l’accueil qu’ils m’ont fait et la simplicité avec laquelle ils m’ont accepte m’ont permis de très vite me sentir bien en leur compagnie. Ils m’ont tout de suite dote d’une autorité que même mon petit frère ne m’a jamais reconnu et je me suis immédiatement senti investi de responsabilités.
A la suite de la démission du professeur encadrant les garçons la majeure partie du temps, mon rôle s’est étoffe, et je suis désormais celui qui veille a ce qu’ils se réveillent a l’heure, se douchent en fin de journée et soient couches a 9h30 (une autre professeur s’occupe des filles).
Du fait de leur docilité, ses devoirs paraissent doux et ne revêtent pas les contraintes qu’ils ne manqueraient pas d’engendrer avec des petits français.
Par ailleurs, les enfants sont mes véritables professeurs de thai. Bien que j’essaie souvent de ne leur parler qu’en anglais, afin que leur oreille s’y fasse, ils me répondent généralement en thai et tentent tant bien que mal de me mimer ce qu’ils veulent dire lorsque je ne les comprends pas.
Ils s’appellent Duang Can (Lune), Cheu Chay, Pichette, Pii Chay, Nuntikan, Chutima ou encore Mary, sont fans de pop thai et me gratifient tous les matins d’un sempiternel “Good morning Teacher, how are you?”
Les cours du soir se déroulent dans le calme et la bonne humeur. Nous nous partageons les élèves, Miss Na (professeur qui s’occupe des filles) et moi, et leur faisons faire des révisions de grammaire lorsque nous ne les aidons pas a faire leur “homework”. Pour ma part, je m’occupe des plus grands (Matayong 3, 4 et 5, cad 3e 2nde 1e).
De temps a autre je chausse ma guitare et nous tentons de chanter des vieux tubes de mon maigre répertoire. La dernière en date, Father and son de Cat Stevens.