mercredi 31 octobre 2007
Death ride in Saigon
Non ce n'est pas le titre du dernier Tarantino, mais d'un petit film a vocation culturelle et caractere comparatif.
Sur les bords du Mekong
Depuis près de 20 ans que cette communauté vietnamienne habite une rive du grand fleuve, a proximité de Phnom Penh.
20 ans qu’ils ont fui leur pays a la recherche d’une existence plus clémente. 20 ans qu’ils tentent tant bien que mal de se faire accepter par leurs hôtes. Mais les khmers entretiennent une profonde désaffection pour leur encombrants voisins, qui n’ont cessé au cours des siècles de leur disputer leur territoire.
Laurent travaille avec 4 différentes communautés vietnamiennes au Cambodge. Bien qu’il aie ses affaires ici, a proximité de Phnom Penh, il a un véhicule a disposition qui lui permet de se déplacer dans les autres en fonction des besoins.
Il ne s’agit pas la de son poste initial, mais la gestion d’une école de tissage ne correspondant pas a ses compétences, un couple de volontaires l’a remplacé, lui permettant de partir a la recherche d’une nouvelle mission.
Nous avons fait parti de la même session de formation rue du Bac. A l’époque déjà nous nous proposions de nous rendre visite. Des que j’en eus l’occasion, je n’hésitai pas de le retrouver et suis enchante d’avoir pu le voir sur son lieu de mission, qui a peu de chose a voir avec mon pensionnat anglais…
mardi 30 octobre 2007
A la decouverte de l'Indochine
Je ne le voyais d’abord pas comme tel, mais a force d’y réfléchir, j’ai compris que c’était bien de cela qu’il s’agissait. En partant au Cambodge et au Vietnam a l’occasion des vacances scolaires de fin de semestre, je partais comme en pèlerinage sur les terres de l’Empire déchu.
C’est une remarque d’un guide vietnamien, francophone et /phile, comme il aime a le dire, qui m’a permis de réaliser la véritable motivation de mon séjour: “Souvent, les français qui viennent ici se comportent en colonisateurs”. A l’évidence il ne s’agit pas la d’un compliment.
Néanmoins, je compris alors que moi aussi j’étais venu trouve un morceau de France en Cochinchine. Nostalgie d’une époque que ma génération ne connaît que d’après la relation historique de la débâcle française a Dien Bien Phu. Séjour sur les traces d’une utopie obsolète, dont le souvenir est aujourd’hui encore rempli d’amertume.

Alors on rencontre avec plaisir des bâtiments de facture classique, on s’étonne de découvrir des reproductions de monuments familiers, et se félicite que les vietnamiens, comme les cambodgiens, aient eu la bonne idee de continuer a compter le pain parmi les aliments de leur régime quotidien.


Pendant près de deux semaines donc, je suis parti a la recherche d’une France qui n’existe plus. J’en trouvai des vestiges qui me conduirent a m’interroger sur les Vietnam et Cambodge d’avant la colonisation, alors vierges encore des dérives idéologiques dont ils peinent a s’extirper.
C’est une remarque d’un guide vietnamien, francophone et /phile, comme il aime a le dire, qui m’a permis de réaliser la véritable motivation de mon séjour: “Souvent, les français qui viennent ici se comportent en colonisateurs”. A l’évidence il ne s’agit pas la d’un compliment.
Néanmoins, je compris alors que moi aussi j’étais venu trouve un morceau de France en Cochinchine. Nostalgie d’une époque que ma génération ne connaît que d’après la relation historique de la débâcle française a Dien Bien Phu. Séjour sur les traces d’une utopie obsolète, dont le souvenir est aujourd’hui encore rempli d’amertume.
Alors on rencontre avec plaisir des bâtiments de facture classique, on s’étonne de découvrir des reproductions de monuments familiers, et se félicite que les vietnamiens, comme les cambodgiens, aient eu la bonne idee de continuer a compter le pain parmi les aliments de leur régime quotidien.
Pendant près de deux semaines donc, je suis parti a la recherche d’une France qui n’existe plus. J’en trouvai des vestiges qui me conduirent a m’interroger sur les Vietnam et Cambodge d’avant la colonisation, alors vierges encore des dérives idéologiques dont ils peinent a s’extirper.
jeudi 13 septembre 2007
Les karens
Enfin me direz-vous. Il tient enfin sa promesse de nous parler du peuple karen dont on sait si peu de choses. Cependant je n’en sais pas beaucoup plus et ne pourrais vous donner pour l’instant qu’un aperçu sommaire.
Les lecteurs assidus se souviendront de l’épisode de la cuite a Winamyeh (les autres peuvent consulter les archives), première relation que je fis d’une spécificité de la culture karen, peuple accueillant entre tous comme vous avez pu vous en rendre compte.
Bien qu’ils admettent franchement faire appel aux vertus fraternelles du partage en état d’ébriété, sachez que l’hospitalité des karens ne s’arrête pas aux rites d’initiation éthylique. Toujours prêts a recevoir des invites, on prendra rarement un karen en défaut.
Quand bien même il ne serait pas parvenu a vous avoir a sa table avant son voisin, qu’a cela ne tienne, vous en serez quitte pour un second (ou deuxième) repas chez lui, une fois le premier termine (certains jours de fêtes, le père Alain Bourdery, missionnaire auprès des karens, mangerait jusqu’a cinq repas…).
Quelques informations sérieuses tout de même: les karens viennent de Birmanie, vivent entre la Thailande et le Myanmar et constituent près de la moitie de la population des tribus montagnardes. Ils sont monogames, animistes, chrétiens ou bouddhistes, arborent fièrement d’épaisses tuniques a col en V de couleurs variées (blanches pour les femmes célibataires), et vivent pour la plupart de la culture du riz.

Je ne parlerai pas de la situation des karens au Myanmar, car je ne la connais pas assez bien, mais sachez que les camps de réfugiés qui bordent la frontière thai-birmane ont été érigés pour eux, lorsque pourchasses par l’armée, ils durent fuir le pays dans les années 80.

Il existe deux alphabets karens, le roman (latin) et le birman. Tous deux ont été créé au siècle dernier afin de mettre a l’écrit une langue qui ne s’exprimait jusque la qu’oralement.
Le chant, qu’accompagnent aujourd’hui des guitares folks, a permis a une certaine littérature de se maintenir vivante alors que je vous défie de jamais voir un karen danser. Il parait que c’est comme voir la neige tomber sur la Thailande (ce que souhaitent d’ailleurs énormément de thais).
Je terminerai par une note romanesque.
Les karens vivent en groupes relativement restreints et leur nombre n’excède pas la quantité de bouches que pourra nourrir la récolte a venir. Ainsi, il est essentiel que règne une entente cordiale entre les habitants d’un même village.
Pour régler les problèmes que ne peut manquer d’apporter la vie en communauté, le chef du village s’appuie sur un conseil des sages pour décider du sort des villageois pris en défaut. Et jusqu’il y a peu de temps encore, chaque village avait son tueur, charge de régler son compte au membre déviant pour le bien du plus grand nombre…
Les lecteurs assidus se souviendront de l’épisode de la cuite a Winamyeh (les autres peuvent consulter les archives), première relation que je fis d’une spécificité de la culture karen, peuple accueillant entre tous comme vous avez pu vous en rendre compte.
Bien qu’ils admettent franchement faire appel aux vertus fraternelles du partage en état d’ébriété, sachez que l’hospitalité des karens ne s’arrête pas aux rites d’initiation éthylique. Toujours prêts a recevoir des invites, on prendra rarement un karen en défaut.
Quand bien même il ne serait pas parvenu a vous avoir a sa table avant son voisin, qu’a cela ne tienne, vous en serez quitte pour un second (ou deuxième) repas chez lui, une fois le premier termine (certains jours de fêtes, le père Alain Bourdery, missionnaire auprès des karens, mangerait jusqu’a cinq repas…).
Quelques informations sérieuses tout de même: les karens viennent de Birmanie, vivent entre la Thailande et le Myanmar et constituent près de la moitie de la population des tribus montagnardes. Ils sont monogames, animistes, chrétiens ou bouddhistes, arborent fièrement d’épaisses tuniques a col en V de couleurs variées (blanches pour les femmes célibataires), et vivent pour la plupart de la culture du riz.
Je ne parlerai pas de la situation des karens au Myanmar, car je ne la connais pas assez bien, mais sachez que les camps de réfugiés qui bordent la frontière thai-birmane ont été érigés pour eux, lorsque pourchasses par l’armée, ils durent fuir le pays dans les années 80.
Il existe deux alphabets karens, le roman (latin) et le birman. Tous deux ont été créé au siècle dernier afin de mettre a l’écrit une langue qui ne s’exprimait jusque la qu’oralement.
Le chant, qu’accompagnent aujourd’hui des guitares folks, a permis a une certaine littérature de se maintenir vivante alors que je vous défie de jamais voir un karen danser. Il parait que c’est comme voir la neige tomber sur la Thailande (ce que souhaitent d’ailleurs énormément de thais).
Je terminerai par une note romanesque.
Les karens vivent en groupes relativement restreints et leur nombre n’excède pas la quantité de bouches que pourra nourrir la récolte a venir. Ainsi, il est essentiel que règne une entente cordiale entre les habitants d’un même village.
Pour régler les problèmes que ne peut manquer d’apporter la vie en communauté, le chef du village s’appuie sur un conseil des sages pour décider du sort des villageois pris en défaut. Et jusqu’il y a peu de temps encore, chaque village avait son tueur, charge de régler son compte au membre déviant pour le bien du plus grand nombre…
Retour-Rentree-Routine
Après plusieurs semaines de pieux silence, retour a la relation d’une vie désormais convenablement installée dans une certaine routine.
D’ailleurs, le mois de septembre est propice aux retours, ces recommencements annuels et systématiques, calques sur l’agenda scolaire.
En y réfléchissant, je me rend compte que c’est a cela que j’aspirais depuis mon arrivée en Thailande, au quotidien. La sensation que chaque jour est l’occasion d’apporter une nouvelle pièce a un édifice ordonne, dont la symétrie essentielle est garantie par la répétition formelle d’une vie organisée.
Dans un univers homogène, formé autour du respect d’un emplois du temps établi de façon raisonnable, les erreurs d’un jour sont rectifiées le lendemain ou le mois prochain, en vertu de cette longue rallonge que constitue la continuité routinière.
En effet, la période durant laquelle s’exerce notre emplois du temps n’apparaît non plus comme une succession d’unités de temps (jours), mais comme un système inclusif ou le jour semble s’étendre sur une semaine, un mois, cinq ans même.
Si l’on considère qu’il s’agit la d’une conception vertueuse de notre relation au temps, alors la vie parait infinie et ce que nous n’avons pu faire la veille, nous pourrons le faire un lendemain qui peut être aussi bien la semaine prochaine que dans un an.
Cela n’empêche pas de briser cet ordre que certains perçoivent certainement comme une limite a la liberté ou l’assurance d’un ennui inéluctable. Au contraire, rien ne me parait plus sain que de décider spontanément un changement de programme ponctuel, a condition qu’il n’empeche pas le retour a ce qui constitue indéniablement une source d’équilibre.
Enfin, je ne vous ferai pas l’affront d’oublier que la routine a Mae Sot, ville frontalière entre la Thailande et la Birmanie, ou métro est un mot exotique désignant peut-etre une réalité astronomique, ne correspond pas forcément au train-train parisien. Néanmoins, se lever tous les jours a la même heure et se consacrer chaque matin aux mêmes rites hygiéniques sont des choses que nous faisons en commun…
D’ailleurs, le mois de septembre est propice aux retours, ces recommencements annuels et systématiques, calques sur l’agenda scolaire.
En y réfléchissant, je me rend compte que c’est a cela que j’aspirais depuis mon arrivée en Thailande, au quotidien. La sensation que chaque jour est l’occasion d’apporter une nouvelle pièce a un édifice ordonne, dont la symétrie essentielle est garantie par la répétition formelle d’une vie organisée.
Dans un univers homogène, formé autour du respect d’un emplois du temps établi de façon raisonnable, les erreurs d’un jour sont rectifiées le lendemain ou le mois prochain, en vertu de cette longue rallonge que constitue la continuité routinière.
En effet, la période durant laquelle s’exerce notre emplois du temps n’apparaît non plus comme une succession d’unités de temps (jours), mais comme un système inclusif ou le jour semble s’étendre sur une semaine, un mois, cinq ans même.
Si l’on considère qu’il s’agit la d’une conception vertueuse de notre relation au temps, alors la vie parait infinie et ce que nous n’avons pu faire la veille, nous pourrons le faire un lendemain qui peut être aussi bien la semaine prochaine que dans un an.
Cela n’empêche pas de briser cet ordre que certains perçoivent certainement comme une limite a la liberté ou l’assurance d’un ennui inéluctable. Au contraire, rien ne me parait plus sain que de décider spontanément un changement de programme ponctuel, a condition qu’il n’empeche pas le retour a ce qui constitue indéniablement une source d’équilibre.
Enfin, je ne vous ferai pas l’affront d’oublier que la routine a Mae Sot, ville frontalière entre la Thailande et la Birmanie, ou métro est un mot exotique désignant peut-etre une réalité astronomique, ne correspond pas forcément au train-train parisien. Néanmoins, se lever tous les jours a la même heure et se consacrer chaque matin aux mêmes rites hygiéniques sont des choses que nous faisons en commun…
jeudi 23 août 2007
Kiddos
Comment comprendre mon service de volontariat sans connaître les pensionnaires de Pataravit?
Au nombre de 41, ils sont quasiment tous karens (une pensionnaire est mong). Ils habitent les montagnes alentours, et pour beaucoup, ne connaissent pas grand chose autre que l’école et leur village.
Comme je vous l’ai dit précédemment, leur scolarité est en parti prise en charge par le diocèse, en échange de quoi ils accomplissent des travaux pour l’entretien de l’école. Leurs parents sont, pour la plupart agriculteurs, et leurs revenus relativement limites.
Pour accéder a cette éducation, ils ont passe un test d’autant plus difficile qu’ils ne bénéficient généralement au préalable que d’un enseignement très succinct. En effet, dans les écoles gouvernementales des montagnes, les enseignants préfèrent souvent payer des villageois pour faire cours a leur place, se satisfaisant d’un moindre salaire mais du plus grand confort de la vie en ville.
La générosité de l’accueil qu’ils m’ont fait et la simplicité avec laquelle ils m’ont accepte m’ont permis de très vite me sentir bien en leur compagnie. Ils m’ont tout de suite dote d’une autorité que même mon petit frère ne m’a jamais reconnu et je me suis immédiatement senti investi de responsabilités.
A la suite de la démission du professeur encadrant les garçons la majeure partie du temps, mon rôle s’est étoffe, et je suis désormais celui qui veille a ce qu’ils se réveillent a l’heure, se douchent en fin de journée et soient couches a 9h30 (une autre professeur s’occupe des filles).
Du fait de leur docilité, ses devoirs paraissent doux et ne revêtent pas les contraintes qu’ils ne manqueraient pas d’engendrer avec des petits français.

Par ailleurs, les enfants sont mes véritables professeurs de thai. Bien que j’essaie souvent de ne leur parler qu’en anglais, afin que leur oreille s’y fasse, ils me répondent généralement en thai et tentent tant bien que mal de me mimer ce qu’ils veulent dire lorsque je ne les comprends pas.
Ils s’appellent Duang Can (Lune), Cheu Chay, Pichette, Pii Chay, Nuntikan, Chutima ou encore Mary, sont fans de pop thai et me gratifient tous les matins d’un sempiternel “Good morning Teacher, how are you?”
Les cours du soir se déroulent dans le calme et la bonne humeur. Nous nous partageons les élèves, Miss Na (professeur qui s’occupe des filles) et moi, et leur faisons faire des révisions de grammaire lorsque nous ne les aidons pas a faire leur “homework”. Pour ma part, je m’occupe des plus grands (Matayong 3, 4 et 5, cad 3e 2nde 1e).

De temps a autre je chausse ma guitare et nous tentons de chanter des vieux tubes de mon maigre répertoire. La dernière en date, Father and son de Cat Stevens.
Au nombre de 41, ils sont quasiment tous karens (une pensionnaire est mong). Ils habitent les montagnes alentours, et pour beaucoup, ne connaissent pas grand chose autre que l’école et leur village.
Comme je vous l’ai dit précédemment, leur scolarité est en parti prise en charge par le diocèse, en échange de quoi ils accomplissent des travaux pour l’entretien de l’école. Leurs parents sont, pour la plupart agriculteurs, et leurs revenus relativement limites.
Pour accéder a cette éducation, ils ont passe un test d’autant plus difficile qu’ils ne bénéficient généralement au préalable que d’un enseignement très succinct. En effet, dans les écoles gouvernementales des montagnes, les enseignants préfèrent souvent payer des villageois pour faire cours a leur place, se satisfaisant d’un moindre salaire mais du plus grand confort de la vie en ville.
La générosité de l’accueil qu’ils m’ont fait et la simplicité avec laquelle ils m’ont accepte m’ont permis de très vite me sentir bien en leur compagnie. Ils m’ont tout de suite dote d’une autorité que même mon petit frère ne m’a jamais reconnu et je me suis immédiatement senti investi de responsabilités.
A la suite de la démission du professeur encadrant les garçons la majeure partie du temps, mon rôle s’est étoffe, et je suis désormais celui qui veille a ce qu’ils se réveillent a l’heure, se douchent en fin de journée et soient couches a 9h30 (une autre professeur s’occupe des filles).
Du fait de leur docilité, ses devoirs paraissent doux et ne revêtent pas les contraintes qu’ils ne manqueraient pas d’engendrer avec des petits français.
Par ailleurs, les enfants sont mes véritables professeurs de thai. Bien que j’essaie souvent de ne leur parler qu’en anglais, afin que leur oreille s’y fasse, ils me répondent généralement en thai et tentent tant bien que mal de me mimer ce qu’ils veulent dire lorsque je ne les comprends pas.
Ils s’appellent Duang Can (Lune), Cheu Chay, Pichette, Pii Chay, Nuntikan, Chutima ou encore Mary, sont fans de pop thai et me gratifient tous les matins d’un sempiternel “Good morning Teacher, how are you?”
Les cours du soir se déroulent dans le calme et la bonne humeur. Nous nous partageons les élèves, Miss Na (professeur qui s’occupe des filles) et moi, et leur faisons faire des révisions de grammaire lorsque nous ne les aidons pas a faire leur “homework”. Pour ma part, je m’occupe des plus grands (Matayong 3, 4 et 5, cad 3e 2nde 1e).
De temps a autre je chausse ma guitare et nous tentons de chanter des vieux tubes de mon maigre répertoire. La dernière en date, Father and son de Cat Stevens.
vendredi 3 août 2007
Winamyeh 30/08/07
Trois volontaires et un envoyé de mission d’Enfants du Mekong m’invitent a les accompagner jusqu’a un village perche dans les montagnes.
Je saisis l’occasion de découvrir un peu plus le terrain sur lequel se déroulent les missions humanitaires auprès du peuple karen.
Nous partons de bonne heure en 4*4 et faisons près de 3 heures de trajet, dont 2 sur piste. Les paysages sont magnifiques. Des dégradés de verts a perte de vue, a mesure que nous grimpons et que l’horizon s’élargit.
Nous traversons quelques ruisseaux. Heureusement, il n’a pas plu ces derniers jours et nous parvenons sans soucis jusqu’a notre première halte, a 3 heures de marches de Winamyeh.
Nous laissons le 4*4, nous chargeons de nos sacs et sommes fins prêts a l’ascension de ce que je peux difficilement appeler des montagnes. Parlons plutôt de hautes collines. Néanmoins, l’effort est rude et certaines pentes abruptes.
3 heure plus tard, nous y sommes. Des villageois nous conduisent jusqu’a la maison du Chef (il est aussi le Catéchiste, l’Epicier, le Maire aux yeux des autorités thaïes, etc.).
La maison du chef, une habitation typique karen: cabane construite sur pilotis, au dessus de la porcherie, ou cohabitent cochons, poules, coqs et vaches.
Une fois rafraîchis, nous faisons un tour jusqu’a l’école, construite en parti a l’aide de fonds dispenses par EdM (Enfants du Mekong). Un instant j’imagine passer ma scolarité sur ce site, a quelques mètres d’un troupeau de vaches qui broute l’herbe du terrain de foot, profitant chaque jour d’une vue imprenable sur les montagnes alentours. Certainement que les karens sont un peu poètes..
Le Chef nous propose de prendre une douche, dans une salle de bains a laquelle nous accédons par l’arrière de la maison. Pendant que je prends la mienne, un jeune s’est installe par terre avec les autres volontaires afin de déguster une bouteille d’alcool de riz.
Il habite Bangkok et y travaille dans un restaurant brésilien ou il gagne deux fois le salaire qu’il percevait en tant qu’instituteur a Winamyeh. Il est de retour dans son village pour le week-end (4 jours dont 2 fériés selon le calendrier bouddhiste – Dharma day).
Selon la tradition, lorsque l’hôte ouvre une bouteille de whisky karen (alcool de riz), il sert un verre qu’il distribue selon son bon vouloir jusqu’a ce que la bouteille soit terminée.
Il emploie le même verre pour tous, et nous ne buvons donc pas simultanement. La regle veut que nous devons boire la première et la dernière gorgée du verre que l’on nous offre, mais que l’on peut faire boire ses voisins dans l’intervalle.
Revenons au temps du récit. Je reviens de ma douche, après trois heures de marche. Suis un peu fatigue, mais me sens relaxe par le contact de l’eau fraîche. Je m’assoies avec les autres et l’on me sert un premier verre d’alcool de riz que je dois boire cul sec (c’est le premier). On m’en sert un deuxième, un troisième...
Ce qui devait arriver arrive, je suis saoul, comme mes compagnons d’ailleurs.
Pour le dîner, on nous sert un festin, pour lequel on a égorgé puis plume deux poules a quelques mètres de notre beuverie. Les plats que l’on nous sert sont assez différents de ce que l’on trouve en plaine, et encore plus épicés.
A 8 heures je m’effondre alors que mes compagnons continuent de discuter bien qu’ils aient refuse qu’on ouvre une nouvelle bouteille de whisky.
jeudi 26 juillet 2007
lundi 23 juillet 2007
Mae Sot slam
21/07/07 

J’ai été si bavard dans mon dernier message, que je me propose ici de ne mettre presque que des photos. Après avoir explique, bien évidemment, le pourquoi du comment.
Sister Joy, la supérieure de Sister Emon des Filles de la Charité, m’a demande de l’accompagner afin d’assister a l’école du samedi du mini bidonville de Mae Sot.
Les enfants sont musulmans, leurs parents n’ont pas même de quoi payer leur scolarité. Pour la plupart, ils n’ont pas de travail et préfèrent souvent envoyer leurs enfants faire les poubelles qu’a l’école.
Ces cours du samedi existent depuis maintenant trois ans. Bien que Sister Joy aie d’abord eu quelque mal a convaincre les familles de ses bonnes intentions, son école est aujourd’hui appréciée de toute la communauté.
Melaa 1 - 14/07/07
Près d’une heure et demi de trajet en sang-tewo (système local de transport en commun = pick-up dont l’arrière est aménagé de telle manière a ce qu’une douzaine de personnes puisse s’asseoir en se faisant face, de part et d’autre du véhicule) nous mène, Sister Emon et moi, au camps de réfugiés de Melaa, a proximité de la frontière avec le Myanmar.

Sister Emon fait parti de la Congrégation des Filles de la Charité, dont la maison mère est la Chapelle de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac a Paris.
Quelques kilomètres avant notre point d’arrivée, le sang-tewo s’arrête, des ouvriers agricoles habilles de guenilles descendent. Ils empruntent un sentier qui mène a la montagne et la rivière qui sépare la Thailande du Myanmar. Le véhicule démarre avant de freiner de nouveau un peu plus loin, a la vue d’un check point. Des soldats thais nous barrent la route, vérifient nos papiers puis nous font signe de passer.
A l’entrée du camps, des jeunes gens nous accueillent et proposent de nous décharger des vivres que Sister Emon a emmenés avec elle.

Nous passons un portail en barbelé et nous engageons dans un sentier boueux. Nos aides nous conduisent jusqu’a la chapelle, ou l’on se prépare a célébrer un mariage katchean (nom d'une tribu montagnarde). Nous sommes convies et des paroissiens s’empressent de nous présenter des chaises ou nous pouvons nous asseoir.
Certains s’approchent de nous, amuses par la couleur de ma peau. Nous nous saluons en nous serrant la main, a la différence des thais qui s’inclinent les uns devant les autres, les mains jointes. Quelques uns parlent anglais, et nous pouvons échanger quelques mots.
L’assistance est issue des diverses tribus chassées de leurs villages dans les montagnes par l’armée birmane: kaya, katchean, karen et autres.
La cérémonie commence (en birman, langue la plus communément parlée dans le camp).
Les futurs maries sont cote a cote, derrière l’autel. Elle en tenue traditionnelle katchean, jupe rouge brodée et haut noir recouvert de pièces d’argenterie sur la gorge.
Il est mis a l’européenne.
Pendant la célébration, elle lui remet une épée en argent, symbole de force, et un sac traditionnel, qu’il porte en bandoulière, représentant les richesses a venir.
Sister Emon fait parti de la Congrégation des Filles de la Charité, dont la maison mère est la Chapelle de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac a Paris.
Quelques kilomètres avant notre point d’arrivée, le sang-tewo s’arrête, des ouvriers agricoles habilles de guenilles descendent. Ils empruntent un sentier qui mène a la montagne et la rivière qui sépare la Thailande du Myanmar. Le véhicule démarre avant de freiner de nouveau un peu plus loin, a la vue d’un check point. Des soldats thais nous barrent la route, vérifient nos papiers puis nous font signe de passer.
A l’entrée du camps, des jeunes gens nous accueillent et proposent de nous décharger des vivres que Sister Emon a emmenés avec elle.
Nous passons un portail en barbelé et nous engageons dans un sentier boueux. Nos aides nous conduisent jusqu’a la chapelle, ou l’on se prépare a célébrer un mariage katchean (nom d'une tribu montagnarde). Nous sommes convies et des paroissiens s’empressent de nous présenter des chaises ou nous pouvons nous asseoir.
Certains s’approchent de nous, amuses par la couleur de ma peau. Nous nous saluons en nous serrant la main, a la différence des thais qui s’inclinent les uns devant les autres, les mains jointes. Quelques uns parlent anglais, et nous pouvons échanger quelques mots.
L’assistance est issue des diverses tribus chassées de leurs villages dans les montagnes par l’armée birmane: kaya, katchean, karen et autres.
La cérémonie commence (en birman, langue la plus communément parlée dans le camp).
Les futurs maries sont cote a cote, derrière l’autel. Elle en tenue traditionnelle katchean, jupe rouge brodée et haut noir recouvert de pièces d’argenterie sur la gorge.
Il est mis a l’européenne.
Pendant la célébration, elle lui remet une épée en argent, symbole de force, et un sac traditionnel, qu’il porte en bandoulière, représentant les richesses a venir.
Melaa 2 - 14/07/07
Après la cérémonie, on nous fait une place de choix pour le buffet, pendant que les maries rendent visite a leurs plus proches parents présents a Melaa (arrière grande tante et oncle du marie).
La nourriture mêle des plats birmans, chinois et karen. Tout n’a pas l’air particulièrement appétissant et certains mets sont épicés a souhait, mais c’est délicieux.
Une fois que nous avons termine de manger, la cuisinière et ses aides s’empressent de débarrasser la table et d’en monter une nouvelle pour d’autres convives.
Nous commençons alors nos visites des familles du quartier (le camps s’étend sur plusieurs kilomètres ou vivent plusieurs dizaines de milliers de réfugiés). Dans chaque foyer ou nous nous arrêtons, Sister Emon prend des nouvelles des habitants, s’informe de la situation de chacun et laisse un sac de vivres.

Les ruelles que nous empruntons pour nous déplacer sont pleines de boue et particulièrement glissantes, et nous devons parfois marcher plusieurs pâtés de maison pour atteindre notre prochaine halte.

Les familles sont accueillantes et arborent un grand sourire en nous voyant arriver. On nous propose a boire, de l’eau, du café et nous invite a nous asseoir sur les tapis qu’on installe pour nous.
16h00, il est temps pour moi de rentrer. Sister Emon quant a elle, passera la nuit a proximité du camp. On m’accompagne jusqu’a la route ou un sang-tewo s’approche.

Je remercie infiniment mon guide durant cette journée et lui conjure de bien vouloir m’emmener une autre fois.
La nourriture mêle des plats birmans, chinois et karen. Tout n’a pas l’air particulièrement appétissant et certains mets sont épicés a souhait, mais c’est délicieux.
Une fois que nous avons termine de manger, la cuisinière et ses aides s’empressent de débarrasser la table et d’en monter une nouvelle pour d’autres convives.
Nous commençons alors nos visites des familles du quartier (le camps s’étend sur plusieurs kilomètres ou vivent plusieurs dizaines de milliers de réfugiés). Dans chaque foyer ou nous nous arrêtons, Sister Emon prend des nouvelles des habitants, s’informe de la situation de chacun et laisse un sac de vivres.
Les ruelles que nous empruntons pour nous déplacer sont pleines de boue et particulièrement glissantes, et nous devons parfois marcher plusieurs pâtés de maison pour atteindre notre prochaine halte.
Les familles sont accueillantes et arborent un grand sourire en nous voyant arriver. On nous propose a boire, de l’eau, du café et nous invite a nous asseoir sur les tapis qu’on installe pour nous.
16h00, il est temps pour moi de rentrer. Sister Emon quant a elle, passera la nuit a proximité du camp. On m’accompagne jusqu’a la route ou un sang-tewo s’approche.
Je remercie infiniment mon guide durant cette journée et lui conjure de bien vouloir m’emmener une autre fois.
Le village de Koun Houay
Après avoir emprunte une route de terre sur près de trente kilomètres, nous sommes arrive dans ce petit village, perche sur de basses montagnes a proximité de Mae Sot. Nous y sommes en territoire Karen.
La rizière, principale source de revenus du village:

Mon guide, Koukay, une élève karen de Pataravitaya School (seconde, 15 ans):

Habitation type:

Au milieu du village coule une cascade:
La rizière, principale source de revenus du village:
Mon guide, Koukay, une élève karen de Pataravitaya School (seconde, 15 ans):
Habitation type:
Au milieu du village coule une cascade:
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